Vieillir chez soi : adaptons nos logements !
Depuis presque 20 ans, l’espérance de vie progresse d’un trimestre chaque année. En 2030, 20 millions de Français auront plus de 60 ans. Préparer cette évolution de la société passe par la création de logements adaptés aux besoins du grand âge ou par l’adaptation des logements existants pour favoriser une vie autonome, chez soi, le plus longtemps possible.
Le logement dans lequel nous avons passé nos jeunes années présente peut-être des inconvénients auxquels nous n’avons pas encore pensé, mais qui peuvent devenir de vrais obstacles à une vie autonome, plus âgés. Entre 60 et 70 ans, psychologiquement et physiquement entreprenants, c’est le moment d’imaginer des solutions !
Penser confort thermique
Le confort thermique risque d’engendrer des travaux importants qu’il vaut mieux prévoir le plus tôt possible. L’isolation des sols, murs et combles, associée à un système de ventilation efficace et à une chaudière performante, permet de réaliser des économies d’énergie significatives et de gagner en confort, à un moment de la vie où on devient plus frileux…
Fluidifier les déplacements
Parallèlement à ces gros travaux, d’autres aménagements sont souvent nécessaires. La circulation dans le logement mérite toute notre attention. Il est parfois utile de déplacer des cloisons pour fluidifier les déplacements : élargir un couloir, supprimer une pièce pour agrandir une chambre, modifier les portes pour permettre le passage d’un fauteuil roulant… Lorsque c’est techniquement possible, les dénivelés doivent être aplanis. Et s’il existe des escaliers, il faut les équiper d’une rampe au minimum. Ces travaux sont aussi l’occasion de revoir le positionnement des interrupteurs électriques. A 80 centimètres du sol, on peut les atteindre sans difficulté debout ou assis.
Eliminer toute source d’accident
Petits meubles, pots de fleurs, fils électriques peuvent encombrer le passage : ils doivent disparaître. Les revêtements de sol sont à choisir avec soin. Il faut éviter les sols glissants comme certains carrelages ou parquets cirés et privilégier des revêtements antidérapants et plutôt souples (moquette rase, par exemple). Ces aménagements limitent les risques de chute.
Faciliter les actes de la vie courante
Manipuler une porte ou une fenêtre, fermer des volets… De nombreux gestes de la vie courante deviennent pénibles, voire impossibles, en vieillissant. Dès maintenant, il faut penser à installer des équipements faciles à manipuler. La domotique permet d’automatiser certaines tâches : fermeture de volets électrique centralisée, ouverture de portes mécanisée, allumage automatique des lumières… Ne nous privons pas dès maintenant de ce confort !
Ces investissements, certes onéreux, représentent peu face aux coûts engendrés par la perte d’autonomie (emploi d’une personne à domicile ou coût d’une maison de retraite…).
Dans la cuisine, l’accessibilité des placards, la position des prises électriques, la hauteur du plan de travail, le type et le positionnement des appareils électroménagers sont à prendre en considération. Par exemple, les rangements trop hauts seraient à proscrire et une plaque de cuisson à induction serait plus facile à utiliser et à entretenir qu’un système au gaz.
Comme la cuisine, la salle de bain et les toilettes sont des zones accidentogènes. Pourquoi ne pas remplacer sa baignoire par une douche à seuil bas, beaucoup plus accessible ? N’est-il pas temps de se séparer de son vieux lavabo sur pied au profit d’un plan vasque plus pratique et accessible ? De troquer ses robinets mélangeurs contre des mitigeurs tellement plus simples à manipuler ? Enfin, partout où c’est nécessaire, il faut penser à installer des barres de soutien ou poignets : à proximité des toilettes, à l’intérieur de la douche ou dessus de la baignoire…
Se prémunir des vulnérabilités
Pour finir, les personnes âgées étant plus vulnérables, la sécurité est un aspect à ne pas négliger. Les points d’accès au logement doivent être renforcés, par exemple, s’ils n’existent pas déjà, en installant des grilles ou volets efficaces aux fenêtres, une serrure à plusieurs points de fermeture et un entrebâilleur pour la porte d’entrée. L’installation d’un vidéophone et d’un système de vidéosurveillance peut compléter le dispositif.
Bien anticipés et intégrés au plan d’entretien courant de son logement, ces aménagements contribueront à le valoriser et surtout vous permettront d’y vivre le plus longtemps possible, de façon autonome.
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